日本語言語学専門用語 -  和仏辞典
Dictionnaire terminologique de linguistique japonaise   -   dictionnaire japonais francais


index articles 

Transcription en caractères latins  ローマじつづり

rb

 
o Présentation générale
o Enjeux linguistiques
o Les tableaux de transcription
o Système officiel (kunreisiki)
o Ministère des affaires étrangères
o hepburn      
o Dispositif commun
o Bibliographie

Présentation générale

    Le Japon s'est doté d'une méthode officielle, 訓令式 (クンレイシキ, transcription kunreisiki), en concurrence avec une transcription d'origine anglo-saxone ヘボン式 (ヘボンシキ, transcription Hepburn). La seconde est la plus répandue en France. D'autres propositions existent. Voir la bibliographie.
    L'usager commun japonais a rarement besoin de la transcription. Même si elle est évoquée durant la scolarité, les règles sont souvent oubliées et la transcription irrégulière, même si souvent proche du système officiel.
    La transcription masque souvent un point linguistiquement beaucoup plus intéressant, celui du marquage des mots par un espace. En l'absence d'espace, la transcription en caractères latins serait en effet parfaitement illisible. Mais aucune norme de découpage n'existe.

Historique

    Une des premières transcriptions du japonais en caractères latins remonte aux travaux sur le japonais (grammaire de japonais) du Franciscain Francisco de Xavier (フランシ スコ・ザビエル), 1549.
En 1885 est fondée la "Société des caractères latins" (
羅馬字會・ ロマジカイ) dans le but de promouvoir le remplacement des caractères japonais et chinois par les caractères latins. Elle propose une transcription du japonais en utilisant une version modifiée de la transcription utilisée par James Curtis Hepburn dans son dictionnaire japonais-anglais (1967). Elle est basée sur la transcription anglo-saxone des sons. Cette méthode corrigée prend le nom de ヘボン式 (transcription Hepburn), qui porte aussi le nom, plus rarement utilisé, 標準式. Une nouvelle version modifiée verra le jour en 1904, sous le nom de 正式・セイシキ.

  Membre de cette même société qu'il quittera peu après, 田中館愛橘
propose en 1885, dans la revue 『理学協会雑誌・リガクキョウカ イザッシ』, une méthode concurrente fondée non pas sur la retranscription anglophone des sons, mais sur une transcription phonologique se voulant indépendante d'une langue particulière. Elle porte le nom de 田中館式. 田丸卓郎 la renommera 日本式. Elle servira de base à la transcription officielle 訓令式.
  La transcription dite 訓令式 répond à la demande d'unification des transcriptions en caractères latins émise par la Société des Nations (国際連盟・コクサイレンメイ). Les travaux de la commission temporaire (臨時ローマ字調査会・リンジローマジチョウサカイ)  chargée de proposer une transcription, sont adoptés en 1937 (「内閣訓令第三號」). Une modification a lieu en 1954. C'est aujourd'hui le système officiel japonais (utilisé notamment pour la transcription des noms).
  Un ultime avatar de la transcription 訓令式 a vu le jour sous le nom de 99式・キュウジュキュウシキ, en 1999 (dernière modification enregistrée en 2004 ! ). Avec cette version, la 日本ローマ字会 veut apporter une solution à la transcription des mots étrangers et kana inusités (pour plus d'information, voir 「99式」日本語のローマ字表記方式. Roomazi Sekai. No. 675, 1999-7, p.3-19; aussi disponible sur l'internet, en ... kana et kanji)

  Il reste encore en 2005 des militants pour la substitution en japonais des caractères latins aux kana et kanji, facilement accessible par l'Internet.

  L'adoption d'un mode de transcription a vu se croiser et s'entrecroiser plusieurs personnages, associations et sociétés savantes. Citons les deux scientifiques 田中館愛橘 et 田丸卓郎 qui finiront par imposer leur point de vue, et les 4 sociétés savantes: 羅馬字會, 羅馬字新誌社, ローマ字ひろめ会, 日本ローマ字会.

田中館愛橘・ タナカダテアイキツ (1856-1952): homme de sciences, considéré comme un des fondateurs de la physique japonaise.

田丸卓郎・タマルタクロウ (1872-1932); physicien, enseignant à l'université impériale de Toukyou; publie en 1914 le 『ローマ字国字論』(Iwanami syoten) dont on trouve la quasi totalité du texte sur l'internet. Voir le texte "Rikigaku" ("Physique") publié pour la première fois en 1935, entièrement rédigé en caractères latins.


Enjeux linguistiques

  La retranscription en caractères latins peut intéresser le linguiste sur un ou deux points. Les questions relatives à la phonologie sont évidentes: d'un système de notation syllabique, on passe à une transcription distinguant consonnes et voyelles, ce qui oblige à s'interroger sur le découpage phonologique le plus adéquat pour le japonais. Mais comme l'a montré le système Hepburn, il faut prendre garde que la convention de transcription ne soit pas rattaché à une langue étrangère particulière. Une solution serait le recours à une transcription par le système IPA, mais celui-ci reste confiné au cadre linguistique des recherches en phonologie et phonétique.
  Il est impossible de transrire en caractères latins sans introduire des espaces (on pourrait en dire autant d'ailleurs d'une notation exclusivement en kana). D'où l'interrogation sur la définition du "mot", non explicitement marquée en japonais.
  A la périphérie, la transcription en caractères latins a importer des problèmes de conventions, assez secondaires. Par exemple le marquage ou non des noms propres par une majuscule ou non, sachant qu'aucune marque n'existe en japonais.

Les tableaux

訓令式

Système kunrei

  (拗音)
a i u e o  
ka ki ku ke ko   kya kyu kyo
sa si su se so   sya syu syo
ta ti tu te to   tya tyu tyo
na ni nu ne no   nya nyu nyo
ha hi hu he ho   hya hyu hyo
ma mi mu me mo   mya myu myo
ya (i) yu (e) yo  
ra ri ru re ro   rya ryu ryo
wa i   e o n  
ga gi gu ge go   gya gyu gyo
za zi zu ze zo   zya zyu zyo
da (zi) (zu) de do   (zya) (zyu) (zyo)
ba bi bu be bo   bya byu byo
pa pi pu pe po   pya pyu pyo
Allongement des voyelles avec reprise de la voyelle

外務省式・ガイムショウシキ: système kunreisiki avec depuis l'année 2000, allongement des voyelles marqué avec "h": 佐藤・さとう s'écrit satoh.

ヘボン式の表

Système Hepburn



  (拗音)
a i u e o  
ka ki ku ke ko kya kyu kyo
sa shi su se so sha shu sho
ta chi tsu te to cha chu cho
na ni nu ne no nya nyu nyo
ha hi fu he ho hya hyu hyo
ma mi mu me mo mya myu myo
ya (i) yu (e) yo  
ra ri ru re ro rya ryu ryo
wa   o  
ga gi gu ge go gya gyu gyo
za ji zu ze zo ja ju jo
da (ji) (zu) de do (ja) (ju) (jo)
ba bi bu be bo bya byu byo
pa pi pu pe po pya pyu pyo
Allongement de la voyelle avec l'accent circonflexe sur la voyelle allongée

Dispositifs communs

ん est transcrit par n'  avec apostrophe (autrefois " - " pour le système kunreisiki) devant une voyelle, et n devant une consonne. Par exemple 禁煙・キンエン se transcrit kin'en.


Bibliographie

LABRUNE Laurence,  Transcrire le japonais, Daruma, vol 6-7, p.339-356.
HEPBURN James Curtis , 1867, "A Japanese and English Dictionary" 『和英語林集成』.

(et un point de vue polémiste dans Blin R., Tamba I. (éd.), Coréen - japonais, Faits de Langues No 17, OPHRIS)



2004, 2005
© Raoul Blin